À l'occasion de la Journée Mondiale de l'Asthme, Philippe Pierlot, premier flûtiste solo à l'Orchestre national de France s'est volontiers exprimé pour donner son point de vue de musicien sur le souffle et les vertus de la pratique musicale de son instrument.
La flûte est un instrument qui nécessite, en particulier, beaucoup d'air car il n'y a pas comme pour le hautbois ou la clarinette une vraie distance de parcours de l'air jusqu'à la bouche, et il faut créer la pression nécessaire à l'émission du son. Le flûtiste est souvent confronté à la situation du manque d'air : il n'en a jamais suffisamment en quelque sorte.
À force de travail, au fil des ans, on apprend que pour gérer cela, il faut non pas inspirer énormément mais surtout respirer avec calme. Il faut ressentir cette sensation de bien-être. En effet, si on inspire exagérément, on suffoque, tandis qu'en étant bien détendu, on peut utiliser bien plus longtemps l'air inspiré et produire de longues phrases musicales. On prend conscience que tout le corps participe à la respiration et que la prise d'air correspond à un moment de renaissance, un instant où l'on revit. L'image qui correspond le mieux à cette sensation, est celle de l'oxygène, transporté dans tout le corps par le biais de la circulation sanguine. Ainsi imaginée, la respiration est une source bénéfique et non pas productrice de stress.
La pratique d'un instrument à vent quel qu'il soit peut permettre à tout un chacun de prendre conscience de sa respiration, car on respire le plus souvent sans y prêter attention. La flûte, comme tout autre instrument à vent, nécessite de comprendre comment utiliser l'air de la meilleure manière.
